Droit de réponse à Radio France

Voici les textes des droits de réponse que nous avons adressés à Madame Sybile Veil, directrice générale de Radio France :

Pour l’émission de France Culture du 3 juin 2021 à 13h30.

Lors de votre émission « Les pieds sur Terre » du jeudi 3 juin 2021, titrée « Les enfants enlevés d’Ethiopie » vous portez, sur la base d’une publication du magazine Causette, des accusations graves envers notre organisme d’adoption « Les Enfants de Reine de Miséricorde (ERM) », qualifié d’« association malveillante », sans que nous ayons été invités à exposer notre position.

Organisme Autorisé pour l’Adoption (OAA) par le Ministère des Affaires Étrangères français, ERM inscrit sa mission dans le strict respect des exigences légales en vigueur aux niveaux national et international ainsi que dans la plus grande éthique. En Éthiopie comme dans tous pays, la décision de rendre un enfant adoptable est de la responsabilité souveraine des autorités.

Seules ces autorités peuvent établir, après enquête, l’histoire de l’enfant et décider de le proposer à l’adoption. Toutes les adoptions par ERM ont fait l’objet d’un jugement par le tribunal d’Addis Abeba et sont parfaitement légales. Dire que des enfants ont été « recrutés » ou « enlevés » relève d’une méconnaissance profonde des procédures d’adoption.
Vous avez donné la parole à Julie Foulon, jeune femme qui a été adoptée par l’intermédiaire de notre association. Ce témoignage ne concorde pas avec les éléments et les documents dont nous disposons. Ils sont même en contradiction avec le livre « Sara et Tsega » écrit par Julie Foulon ; par exemple quand sa mère biologique lui dit « oui Sara, donc, tu devras dire que je ne suis pas ta vraie maman » alors que Julie déclare à votre antenne que c’est l’homme qui la conduit à Addis Abeba qui lui a demandé de mentir.

Notre association a été fondée par un couple profondément croyant mais qui a droit à être respecté pour l’immense tâche qu’il a accomplie et n’a pas à être sali par des affirmations infondées et des témoignages le plus souvent anonymes.

Votre émission porte aussi un grave préjudice aux 1 575 enfants d’origine éthiopienne adoptés par ERM. Certains recevront avec douleur les propos destructeurs. Nous leur exprimons notre solidarité et notre compassion.

Vous trouverez des éléments de réponses détaillés sur notre site : jadopte.fr.

Pour votre journal d’information du 19h00 du mercredi 26 mai 2021

Lors de vos informations de 19 h 00 du mercredi 26 mai 2021, ainsi que votre revue de presse du dimanche 30 mai vous portez des accusations graves envers notre organisme d’adoption « Les Enfants de Reine de Miséricorde (ERM) », en parlant de « nouveau scandale de l’adoption » «qui fait penser au fiasco de l’Arche de Zoë ».

Organisme Autorisé pour l’Adoption (OAA) par le Ministère des Affaires Étrangères français, ERM inscrit sa mission dans le strict respect des exigences légales en vigueur aux niveaux national et international ainsi que dans la plus grande éthique. En Éthiopie comme dans tous pays, la décision de rendre un enfant adoptable est de la responsabilité souveraine des autorités. Seules ces autorités peuvent établir, après enquête, l’histoire de l’enfant et décider de le proposer à l’adoption.

Toutes les adoptions par ERM ont fait l’objet d’un jugement par le tribunal d’Addis Abeba et sont parfaitement légales. Dire que des enfants ont pu être « enlevés à leur mère » relève d’une méconnaissance profonde des procédures d’adoption.

Vous avez donné la parole à Julie Foulon, jeune femme qui a été adoptée par l’intermédiaire de notre association. Ce témoignage ne concorde pas avec les éléments et les documents dont nous disposons.

Vous trouverez des éléments de réponses détaillés sur notre site : jadopte.fr

Cet article a 3 commentaires

  1. Carole et Philippe Legloire

    C’est un bouleversement que d’entendre et lire ces mots, ces accusations contre Gilbert et Christine Bayon, contre ERM !

    Avant de rencontrer notre enfant à l’âge de deux ans et demi, c’est toute la famille ERM que nous avons rencontrée. La force et la liberté des échanges des adoptants mais surtout des adoptés ont profondément marqué cette rencontre. La prise en compte et le respect de l’histoire des enfants, des familles de naissance, leur existence n’est ni cachée, ni minimisée, bien au contraire de nombreux témoignages d’enfants ado-adultes, de parents, nous invitent et nous accompagnent à construire notre famille autrement, avec une place toute particulière pour cette famille de naissance, qu’un jour peut-être notre enfant souhaitera revoir, pour mieux se connaître, mieux se construire. Pour tous ces moments d’écoute, de partage et d’accompagnement, pour notre famille nous soutenons ERM et vous disons MERCI.

  2. Nadine Gondran

    Après avoir entendu votre émission “les enfants enlevés d’Éthiopie”, je tenais à vous faire part de notre vécu, à mon mari et moi, car nous avons adopté deux enfants en 2005 originaires d’Éthiopie par ERM (enfants de Reine de miséricorde) et ce malgré le fait que nous ne soyons ni pratiquants, ni croyants.
    Mr et Mme Bayon ne sont pas des intégristes sinon ils ne nous auraient pas acceptés.
    Les frais que nous avons payés étaient les billets d’avion, les frais de traduction et d’hébergement pour une semaine en Éthiopie mais en aucun cas, ils ne pouvaient enrichir Mr et Mme Bayon ; d’ailleurs leur mode de vie et leur maison modestes en sont la preuve.
    Nous sommes partis pendant une semaine avec un groupe de parents adoptifs comme nous.
    Tous les enfants avaient reçu au préalable un petit album photo, sur les consignes de Mme Bayon avec une photo de chaque membre de la famille, du cadre de vie et des animaux de la maison.
    Quand les portes de l’orphelinat se sont ouvertes, nos enfants savaient tout de suite qui nous étions et nous avons eu la chance qu’ils nous serrent tout de suite dans les bras (certains enfants ont un temps d’acceptation).Pour nous quel bonheur !
    La semaine à l’orphelinat nous a permis de les connaître un peu. Nos garçons faisaient partie des grands, ils avaient 9 ans et 5 ans. Notre grand aimait la danse et la musique et le petit était très joueur et espiègle et aimait le foot.
    Dans le bureau de la directrice où les enfants sur le départ avaient été réunis, il y avait des dessins explicatifs sur le voyage en avion qu’ils allaient faire.
    Le soir du départ les “Mamas” se sont occupées personnellement de les préparer en les habillant chaudement car nous étions en décembre et c’était le moyen pour elles de passer un dernier moment privilégié avec eux.
    L’arrivée en France s’est bien passée après l’avion nous avons pris le TGV pour arriver chez nous.
    Arrivés à la maison, ils se sont très vite adaptés à notre vie, aux autres membres de la famille (nous avons 2 grands enfants biologiques).
    Nous avons eu plusieurs années de pur bonheur.
    Au bout de 10 mois, notre grand est venu nous voir pour nous parler d’un secret qu’il ne fallait dire à personne : son petit frère n’était en fait pas son frère mais son neveu, le fils de sa sœur décédée, le papa également était décédé. Il avait été recueilli par sa grand-mère qui elle aussi est décédée. Je suis donc sa 3ème Maman.
    Il y avait également deux grandes sœurs et un grand frère qui selon nous devait avoir 16 ans et qui ne se sentait pas d’assumer ses 2 frères.
    Il les a donc emmenés un soir à l’orphelinat, sans prévenir les sœurs. Il a dit qu’ils étaient ses neveux dont il ne pouvait pas s’occuper. Il a recommandé à mes garçons de surtout bien dire qu’ils étaient frères pour qu’ils soient adoptés ensemble et de garder le secret.
    Tout ceci pour dire que rien n’est simple et que bien des choses sont cachées par les familles.
    Pour mes enfants notamment le plus jeune, le manque de confiance en lui a été très handicapant.
    L’incompréhension de son histoire, car ils vivent les décès comme un abandon, s’est transformé en colère et à l’adolescence, tous les 2 nous ont fait vivre de terribles moments. Heureusement l’association ERM au moment des assemblées générales, par le biais de conférences de divers intervenants, nous expliquait bien des choses et était d’un grand soutien.
    Nous sommes allés deux fois en Éthiopie avec nos garçons, nous avons pu rencontrer les grandes sœurs et le grand frère.
    Au deuxième voyage, notre grand a voulu rester quelques jours avec ses sœurs pendant que nous faisions un circuit pour visiter l’Éthiopie.
    Une dame éthiopienne nous a abordés en nous voyant, couple de blancs avec un petit garçon noir, elle nous a dit que ses deux fils avaient été adoptés en France et qu’elle n’avait plus de nouvelles.
    Nous avons contacté Mr Bayon, car pour nous il était impossible que des enfants ayant encore leurs parents puissent être adoptés, car parallèlement à ERM l’association ARM (Les Amis de Reine de Miséricorde) était très active auprès d’enfants ayant un ou leurs deux parents mais qui étaient dans le besoin.
    Mr Bayon faisait alors au moins trois voyages par an en Éthiopie, il nous a dit très bien connaître l’histoire de cette dame qui lorsqu’elle s’était retrouvée veuve pensait ne pas pouvoir s’occuper de ses enfants et avait emmené ses deux plus jeunes à l’adoption en disant qu’elle était leur tante. Sa grande fille a alors été parrainée par ARM et les deux garçons ont dit par la suite à leurs parents adoptifs qu’ils avaient leur maman. Les parents adoptifs ont voulu parrainer la grande sœur et les garçons ont communiqué avec leur mère, ils ont parlé du montant du parrainage et la maman éthiopienne a dit que ça n’était pas le montant qu’elle recevait. Elle a été plusieurs fois au bureau du service social de Kombolcha pour faire scandale.
    Au final, la famille française a arrêté le parrainage de la grande fille qu’ARM n’a pas arrêté pour autant.
    Nous voulions poser la question à Mr Bayon du montant des parrainages et à l’assemblée générale suivante. C’est lui-même qui a dit qu’un parrainage ne servait pas qu’à un enfant mais à plusieurs.
    Lors de ses voyages, il était beaucoup sollicité et n’avait pas le cœur à laisser dans le besoin des enfants.
    Si nous sommes au courant de cela c’est que rien n’est caché au sein de l’association.
    Nos garçons au moment de l’adolescence nous gâchaient souvent de bons moments par des crises de colère ça partait sans qu’on sache pourquoi.
    Chez le plus jeune c’était très violent il cassait ce qui lui tombait sous la main, sa chambre était apocalyptique…
    A ses 18 ans, il a claqué la porte et est parti. Il a fait appel aux aides sociales et nous avions parfois de ses nouvelles par des personnes qui le croisaient.
    Il leur disait qu’avec toutes les méchancetés que nous lui avions faites il ne pourrait jamais nous pardonner.
    Il était en colère et bien sûr nous ne sommes pas parfaits et nous avons certainement fait des erreurs, mais nous ne trouvons pas les méchancetés.
    Nous avons su également qu’il avait dit avoir été amené en France sans avoir rien demandé, qu’il aurait été heureux en Éthiopie, mais nous avons la preuve en photos des moments de bonheur et d’une enfance heureuse avec nous.
    Être adopté est difficile, c’est un départ de vie faite de traumatismes, l’abandon, les décès, le déracinement, être noir dans un pays de blancs, ne ressembler à personne et au bout de tout ça entendre par l’entourage « tu as de la chance de vivre en France, d’être tombé dans cette famille etc …. ».
    Tout ceci est très dur, c’est pour cela que vous n’auriez pas dû appeler votre émission « les enfants enlevés d’Éthiopie », mais « la colère des enfants adoptés d’Éthiopie ».
    D’autre part au cours de nos deux voyages en famille et du mien seule, nous avons pu constater que les parrainages arrivaient bien aux enfants.
    Pour votre information un documentaire a été fait « voyage de retour » car un voyage pour les jeunes est organisé tous les deux ans par l’association avec comme accompagnateurs une psychologue, un médecin un encadrant et un interprète.
    Qui peut vouloir le mal des enfants et organiser de tels voyages ? Avec tous les risques que cela comporte.
    Mr et Mme Bayon ont donné leur vie à cette cause qui a occasionné beaucoup de bonheur à bien des personnes dont nous faisons partie.
    Il est vrai qu’ils n’étaient pas pour le mariage pour tous, ni pour l’adoption pour les couples homosexuels mais l’adoption s’est arrêtée en Éthiopie avant les lois votées en France.
    J’aurais encore tant de choses à dire et à raconter, mais dans un premier temps j’espère que vous aurez pris le temps de tout lire et je suis à votre disposition pour toutes questions éventuelles.

  3. Céline et Olivier Serres

    Suite à cette annonce qui, nous a consterné et révolté, nous n’avons pu faire autrement que d’écouter ce reportage sur France Culture dénonçant l’OAA ERM d’escroquerie et de mensonge ou tromperie concernant la parentalité de certains enfants adoptés et parents adoptifs.
    Nous ne comprenons pas que des médias puissent émettre des avis aussi tranchants et aussi graves concernant un sujet qu’ils ne connaissent peut-être pas et cela même sans attendre une décision de justice tout en sachant que la justice peut se tromper également.
    Nous sommes chez ERM depuis 2012, pour nous ERM et ARM sont une grande famille qui a toujours été bienveillante avec nous et nous a accompagné tout au long de notre parcours même dans les moments difficiles et aujourd’hui encore.
    Toutes ces personnes qui ont entouré cette OAA sont des personnes intègres qui ont donné toute leur énergie et leur courage avec le peu de moyen qu’on leur donne en dépit de leur vie professionnelle et personnelle afin de protéger en premier lieu ces enfants qui ont vécu des histoires plus ou moins difficiles.
    Ces personnes-là ne sont en aucun cas les personnes nommées dans cet article.
    Nous trouvons inadmissible que de tels propos puissent être débattu sans avoir pris connaissance d’une réalité qui est tout autre ou de ne pas avoir voulu l’entendre.
    Nous pensons que s’il y avait eu une personne encadrant le bureau qui soit capable de détourner des informations capitales dans le seul but de détourner de l’argent, d’autres membres de l’association les auraient dénoncés sans hésiter.
    Comment des journalistes peuvent-ils prendre parti de certains témoignages sans prendre connaissance de la totalité d’une histoire, pensant détenir une vérité qu’ils ne connaissent peut-être pas ? Nous savons aussi à quel point il est difficile pour ces OAA de se battre avec une administration toujours plus lourde. Nous sommes un couple qui avons adopté également et l’histoire de nos enfants a été retranscrite par les autorités du pays de leurs naissances (Burkina Faso).
    Le fait d’accuser lourdement une association comme celle-ci, à notre sens peut avoir de grave conséquence, tel que la légitimité de l’adoption de nos enfants. Rendez-vous compte que de remettre en cause l’adoption de ces milliers d’enfants avec le risque (même si les faits ne sont pas avérés) de créer un désordre monumental dans l’esprit et l’attachement parfois fragile de certains de ces enfants. L’honnêteté des personnes que nous connaissons et qui entourent ce bureau, à nos yeux n’est pas à remettre en question. 
    Lorsque que nous nous sommes rendu dans le pays d’adoption pour aller chercher nos enfants, nous avons été accompagnés par une assistante sociale du pays et avons dû nous rendre au ministère et passer devant le représentant du ministre chargé des droits de la famille ainsi que devant une avocate chargée de ces dossiers, qui est là non pas pour défendre les intérêts d’un couple venu d’un pays étranger mais pour l’intérêt des enfants.
    Ces associations non aucun pouvoir de décision sur l’adoptabilité d’un enfant bien au contraire ils ont un regard de bienveillance et la première priorité à leurs yeux étant de protéger ces enfants de tout acte malveillant.
    Il est tellement facile pour ces médias de balayer d’un revers de main des associations sans écouter ou chercher à comprendre comment les choses se passe sur le terrain.
    Il y a plus de 30 ans de cela les procédures administratives ainsi que juridiques n’étaient certainement pas celles d’aujourd’hui et bien que nous connaissons tous la lenteur de l’évolution politique, administrative ou juridique nous osons espérer qu’elles aient évoluées positivement.
    Nous ne pouvons blâmer ces personnes qui se sont données cœur et âme à trouver un sens à la vie de ces enfants et de ces familles.

    Depuis que nous sommes chez ERM nous avons été invités chaque année à suivre l’évolution de toutes les familles voulant se joindre aux assemblées générales et nous permettant ainsi de prendre la parole. Ces assemblées générales nous permettent de voir également le fonctionnement du bureau qui l’entoure et ses moindres dépenses. Il y a aussi une préparation à l’adoption tant pour les parents adoptifs que pour les enfants à adopter qui se trouvent dans différents orphelinats ou pouponnières. Nous savons aussi que beaucoup d’entre eux ont une famille biologique mais n’ayant pu faire face à leurs situations dans leur pays, ont choisi d’abandonner leurs enfants à un orphelinat. Notre rôle est d’accompagner nos enfants, de les aimer, de les soutenir, qu’ils connaissent aussi leur histoire et le jour où ils seront prêts, s’ils le veulent nous les accompagneront afin qu’ils puissent retrouver leurs familles biologiques s ils le désirent et c’est en ce sens que ERM nous aide et nous soutient.
    Nous comprenons qu’il est toujours possible d’émettre des doutes sur une histoire ou une vie que l’on ne connaît pas, mais faut-il encore remettre les choses dans le contexte et savoir interpréter ces moments-là.
    Nous souhaitons que ces journalistes n’aient pas voulu faire un reportage percutant afin de faire de l’audimat ou un maximum de lecteurs.
    Une chose est sûre c’est que nous avons une confiance absolue aux membres de cet OAA qui est ERM et nous les soutiendrons quoiqu’il arrive et nous les aimons très fort.

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