Merci à ERM !

Lettre à l’attention de Gilbert et Christine Bayon, fondateurs des associations ERM et ARM, et aux directeurs actuels de ces associations.

Bonjour,

Nous sommes parents de cinq enfants originaires d’Éthiopie de 16 à 25 ans aujourd’hui.
Nous avons accueilli nos deux premiers enfants en juillet 1997, nos jumeaux en mars 2000 et la dernière en 2006.
Ce fut un parcours riche en émotions bien sûr, vous vous en doutez.
Et durant ce parcours, nous avons eu la chance de rencontrer des personnes aidantes, soutenantes, qui nous ont accompagnées et à qui nous avions entière confiance, tant dans notre entourage qu’au sein d’ERM et ARM.
Lorsque nous adoptons, nous parents, nous empruntons un chemin fait de joies, de moments de bonheur, de partage, de découvertes…mais également de moments plus difficiles.
Nos enfants empruntent le même chemin.
Nous pouvons nous soutenir, essayer de construire ensemble, ce que nous avons toujours essayé de vivre avec nos enfants, même si parfois c’est bien difficile.
Au sein de notre famille, nous avons vécu tout cela : des moments de bonheur, de joies et des périodes compliquées voire de rupture avec l’un de nos enfants.
Ces blessures laissent des cicatrices bien sûr mais aujourd’hui, nous ne regrettons pas d’avoir fait ces choix pour construire notre famille dont nous sommes fiers.
C’était notre choix, fait en connaissance de cause : en nous engageant, nous savions que nous aurions à prendre les bons moments comme les moins bons, comme dans toute famille.
Nous discutons régulièrement avec nos enfants de notre histoire commune, nous répondons à leurs questions avec toutes les informations que nous détenons.
L’une de nos filles a participé au Voyage Retour en Ethiopie (et j’ai eu la chance de l’accompagner).
Nous échangeons sur ce que nous pouvons lire actuellement concernant l’adoption au sein d’ERM.
Face à ce que nous lisons à propos d’ERM, et en tenant compte de notre parcours et de notre vécu familial, nous tenions à renouveler notre confiance et notre soutien total à ERM et ARM.

Avec toute notre amitié, Catherine et Jean-Luc Vinot

Nous souhaitons témoigner de ce que nous avons vécu grâce à cette belle œuvre “Les enfants de Reine de Miséricorde”, grâce à son équipe et au dévouement de Gilbert et Christine.
Après avoir eu trois enfants biologiques, nous avons la tristesse de perdre à la naissance une petite fille, handicapée. Nous nous tournons alors, vers l’adoption. Nous découvrons “Les enfants de Reine de Miséricorde” par l’intermédiaire d’un couple proche de chez nous, qui avait adopté.
Durant tout le parcours d’adoption, l’œuvre nous accompagne, par de nombreux échanges avec Christine, assemblée générale et retraite spirituelle, retour d’expérience avec des parents adoptifs. Nous sommes bien informés sur les situations possibles de détresse des enfants, de l’absence de renseignements sur la famille d’origine, sur l’importance pour les parents adoptifs d’être disponibles durant les premières années afin de faciliter l’intégration des enfants. Sans oublier les nombreux conseils sanitaires, alimentaires, premiers mots d’échanges en amharique… Nous sommes guidés avec attention, et professionnalisme !
Jean, Eloi et Teresa arrivent ensemble fin décembre 2000 et rejoignent Baptiste, Marie et Thibault, notre famille s’agrandit et notre joie est indescriptible. Les années passent et l’œuvre est toujours là, discrète, à l’écoute en cas de questions, difficultés. C’est très important cette présence. Nous continuons à assister à des assemblées générales, temps forts d’échanges, et de retrouvailles pour nos enfants avec quelques-uns de leurs compagnons de la « petite maison » d’Addis. Progressivement, nous nous faisons un petit réseau de parents, et nos enfants le leur.
Une étape clé : le voyage de retour aux origines, proposé par l’œuvre. Jean souhaite y participer durant l’été 2009. Jean part avec le groupe pour vivre les activités humanitaires puis les retrouvailles de certains jeunes avec leur famille biologique sur Addis. Nous le rejoignons la seconde semaine pour, en présence de Gilbert, remonter dans le Nord au Tigré, afin de retrouver le village de la famille, dont Jean a le souvenir. Gilbert a déclenché depuis quelque temps les recherches avec l’aide d’Assefa, les pères lazaristes en Ethiopie, et c’est en arrivant à Mekele, qu’un père lazariste nous dit qu’il a retrouvé le village et que nous irons le lendemain accompagné d’un traducteur. Quelle émotion ce soir-là !
Le lendemain, au village, Jean reconnaît un grand oncle de sa famille, et nous voilà partis rencontrer la grand-mère et le grand-père, et d’autres membres de la famille. Quelle émotion dans les regards !
Nous sommes bouleversés.
Nous pouvons nous recueillir sur la tombe du papa de nos enfants.
Il nous faut repartir sur Addis. Gilbert jusqu’au bout est avec nous, ayant tout organisé en termes de transport, logement, repas, avec ses connaissances du pays, son amitié et sa bonne humeur. L’année suivante, en 2010, nous y retournons cette fois, avec Jean, Eloi et Teresa. Marie se joint à nous également. Nous partons seuls mais sur place nous nous appuyons sur Maud Bayon et son mari pour organiser notre voyage au Tigré. Nos trois enfants sont réunis auprès de leur famille, se recueillent sur la tombe de leur papa et sur celle de leur maman, qu’il n’avait pas été possible d’identifier l’année précédente. De retour à Addis, Maud aide nos enfants comme interprète à des échanges avec un autre membre de la famille résidant sur place.
Depuis 2010, nos enfants sont retournés à plusieurs reprises en Éthiopie, seuls. Les portes de leur histoire ont été ouvertes et leurs racines retrouvées.
Nous ne remercierons jamais assez Gilbert et Christine Bayon, et toute l’œuvre, pour toute cette aide qui nous a permis de réaliser cette aventure humaine. Et c’est pourquoi, nous voulons apporter notre témoignage en cette période difficile où l’intégrité et la probité des “Enfants de Reine de Miséricorde” est mise en cause.

François et Isabelle Coussin

Laisser un commentaire